Vendôm la red exclusiva del lujo

08/06/2021

INTERVIEW : Krumma Jonsdottir, directrice générale, Groupe Accelis Education

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Fondée en 2015 l’école Ferrières (Groupe Accelis) offre un cadre rêvé, reflet de sa philosophie d’excellence et d’exception. Le château du 19e siècle ayant appartenu au baron James de Rothschild de style néo-renaissance, prisé par les Britanniques, est serti dans un sublime îlot de verdure. C’est de la vision de Khalil Khader, président-fondateur du Groupe Accelis, que jaillit la volonté de créer un enseignement haut de gamme, au plus proche de ses étudiants, à l’image de l’exigence des métiers du luxe. Les programmes de l’école Ferrières, promouvant la transmission des savoir-faire aussi bien que l’innovation, ont rapidement séduit les passionnés des arts de l’hôtellerie et la gastronomie de luxe également, car ils replacent l’apprenant au cœur du système éducatif.
Krumma Jonsdottir, nouvellement nommée directrice générale du pôle éducation du Groupe Accelis, a tiré de ses 20 années d’expérience au sein de l’hôtellerie de luxe (notamment les groupes Starwood, IHG) un intérêt novateur pour l’introduction des sciences du comportement dans l’enseignement. Elle nous explique comment l’école se positionne désormais comme le partenaire privilégié de l’industrie du luxe grâce à cet angle qui a aussi permis aux enseignements de Ferrières de perdurer et s’adapter rapidement lors de la crise sanitaire.


Vendom.jobs - Quels sont les axes d’enseignement qui distinguent Ferrières des autres écoles formant à l’hôtellerie et la gastronomie positionnée haut de gamme ? Et quel est le credo de l’institution ?

Krumma Jonsdottir - La mission de Ferrières est d’être l’école préférée des professionnels. Cela se traduit par la préparation des jeunes à être non seulement parfaitement opérationnels et employables à la sortie de l’école, mais aussi armés pour construire par eux même une vie professionnelle et personnelle riche, intense et équilibrée.

V.J. - L’une de vos particularités est d’intégrer les sciences comportementales et cognitives au cœur de votre enseignement. Comment cela se présente-t-il pratiquement au quotidien ?

K. J. - Dans la conception de nos programmes, nous avons tenu à intégrer les dernières recherches en psychologie cognitive et psychologie positive appliquée. Nous avons également greffé à notre cursus des cours sur le bien-être à 360 degrés, l’optimisme, la résilience, voire même le courage et l’ignorance.
Le projet « Bien-être » de Ferrières réunit régulièrement l’ensemble des étudiants de nos deux écoles, alumni, intervenants, parents et partenaires pour des ateliers de pleine conscience et de développement personnel.
Enfin, les étudiants bénéficient de sessions de coaching individuel, pour être accompagnés dans leur études ou dans des situations personnelles délicates.

V.J. - Pourriez-vous nous parler de vos intervenants ? Comment les sélectionnez-vous ?

K. J. - Nous recevons un grand nombre de candidatures chaque semaine et nous sommes flattés par l’intérêt que les académiques et professionnels nous témoignent.
Aujourd’hui, Ferrières réunit une équipe d’une trentaine de permanents et plus de 80 vacataires. La sélection se fait en plusieurs étapes. Après deux entretiens avec le directeur académique pour évaluer l’expertise et avec la direction pour évaluer les traits de personnalité, nous pouvons être amenés à inviter le candidat à animer une masterclass sur un sujet qu’il maîtrise. Nous avons besoin de le voir à l’œuvre et d’observer son interaction avec les étudiants. À Ferrières, il n’y a pas de cours magistraux, mais des ateliers et des activités où l’étudiant est au centre. L’intervenant doit avoir la capacité d’animer des débats et de créer de l’engagement chez tous les étudiants.
Nous partons du principe qu’un professionnel qui exerce avec brio son métier n’est pas systématiquement en mesure de l’enseigner, c’est une activité très exigeante et émotionnellement prenante.
L’intervenant retenu participe ensuite à la formation « Ferrières Excellence en Transmission » pour se familiariser avec les techniques de transmission qui nous sont propres. Aussi, tous les intervenants sont obligés de participer à un atelier « FET » annuel pour entretenir et perfectionner leurs pratiques.

V.J. - Pour des métiers de service et de contact, où l’impact humain et les interactions sont primordiales, comment avez-vous pu pallier la distanciation que l’on connaît actuellement avec vos étudiants ? Quel en a été l’impact sur eux ?

K. J. - Nous pensons que notre proximité avec nos étudiants et nos ateliers de développement personnel ont renforcé la résilience et l’esprit positif de nos étudiants. D’ailleurs, nos études et sondages montrent que la plupart vont bien, malgré la situation qu’ils subissent.
Nous avons la chance d’être dans la catégorie des établissements d’enseignement technique et, de ce fait, nous avons pu accueillir des petits groupes d’étudiants pour les travaux pratiques. Depuis le premier confinement, Ferrières fonctionne en mode hybride. Un étudiant qui doit s’isoler parce qu’il est cas contact, pour protéger un membre de sa famille ou car il est malade lui-même, a toujours la possibilité de participer aux cours.
D’ailleurs, nous avons quelques anecdotes à partager à ce sujet. Les enseignements se sont adaptés de multiples façons : les accords mets et vins faits avec ce que l’on a dans le frigo, les lits au carré dans la chambre des parents, la botanique dans le jardin familial ou encore la session du jury de fin d’études par teams du Pérou, d’Italie ou des États-Unis.
De plus, le déroulé de chaque programme a été restructuré pour s’adapter au contexte actuel et, pour ce faire, les équipes Ferrières et toute la communauté ont montré une agilité extraordinaire. La pratique a même été réévaluée avec de nouveaux modules et projets qui ont permis aux équipes et aux étudiants de répondre présents et de mieux s’adapter à cette situation inédite.

V.J. - L’école est encore jeune, mais avez-vous déjà une visibilité sur l’évolution de la carrière de vos diplômés ?

K. J. - Les premiers bachelors ont été diplômés en 2016 et depuis, nous comptons 270 alumni, bachelors et mastères confondus. Nous, ainsi que l’association des alumni, restons en contact avec eux et suivons l’évolution de leurs carrières. 90% de nos diplômés exercent toujours dans le domaine de l’hospitalité et leurs parcours sont très variés. Commerciaux, sommeliers, directeurs de salle, revenue managers, responsable de boutique de luxe, entrepreneurs, chefs de départements figurent parmi les postes qu’ils occupent.

V.J. - Quels seraient, selon vous, les points à améliorer pour rendre les métiers de l’hôtellerie et de la restauration haut de gamme plus attractifs ?

K. J. - Une prise de conscience autour de la qualité de vie. On entend souvent parler des salaires trop bas dans notre belle industrie. Même si cela n’empêche pas les jeunes passionnés de choisir nos métiers, il n’en reste pas moins que le package global les pousse à s’en détourner.
Il suffit de regarder les carrières de ceux qui ont 35-45 ans pour constater la fuite de talents vers d’autres industries.
A l’exception de quelques grands groupes, notre industrie est en retard quant à la réaction face à l’évolution de la société et des attentes des collaborateurs.
Une marque employeur plus concrète et une vision plus claire, de la part des ressources humaines et de la direction générale, doivent être mises en œuvre pour permettre à nos jeunes de mieux vivre leur mission et gérer leurs carrières.

V.J. - Inversement, qu’est-ce qui distinguera un service d’excellence à l’avenir ? Quel message passeriez-vous aux jeunes gens qui désirent se consacrer à ces métiers ?

K. J. - Être animé par la passion et le partage. L’excellence n’est pas dans le produit ou le service mais dans l’émotion ressentie par l’expérience.
Si vous aimez la vie et la convivialité, si vous êtes curieux et persévérant, les métiers de service peuvent être faits pour vous.

www.ferrieres-paris.com